Le lendemain, nous quittons notre spot, pour nous rapprocher de la côte.
Nous roulerons toute la journée, les routes, du moins certaines en montagne ne permettent pas de dépasser les…40 à 50 km/h.

Mais il faut reconnaitre que prendre son temps sur ces routes est agréable. Des troupeaux de moutons, de chèvres, vaches parfois aussi, c’est bucolique.
Moins sympathique, outre les nombreux animaux rencontrés, de nombreuses petites chapelles peuplent les bords des routes, rappelant sa dangerosité.Elles sont autant un hommage à une personne disparue qu’un signe de remerciement d’avoir échappé au pire.

En fin de journée nous arrivons près de la petite ville de Valanidorachi où nous avons la surprise de retrouver Yan, Violette, Walter et Emilie, les copains déjà rencontrés en Albanie.
Nous passerons une soirée sympa autour du feu.

Le lendemain, nous changerons d’endroit, car bien que le cadre soit magnifique l’accès à la plage est trop scabreux pour moi.
A 2 kms de là, nous nous posons sur notre nouveau spot ou nous y resterons 4 nuits.
A coté d’un robinet d’eau, nous n’avons pas été en manque de ce précieux élément et nous avons pu faire de la pêche, bon, même si nous n’avons rien attrapé, c’était sympa, Promenades au bord de la plage, travail informatique…

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Au 4eme jour, le temps devenant de plus en plus menaçant, nous décidons de quitter ce lieu pour la presqu’ile d’Arta, la ville importante au nord , dans le golf Ambracique ou nous trouvons un lieu de repli magique.

La route pour s’y rendre est une bande de bitume, totalement entourée d’eau.
Un fois arrivé au petit village de Koronisia, nous le traversons, et allons nous poser sur une bande de terre entouré d’eau et,…d’oiseaux.
Des pélicans, des flamants roses, mouettes, goélands, et aucune circulation.

Un vrai paradis pour nos photographes !

En fin de journée, nous décidons de quitter le lieu, car d’énormes nuages menaçant et noirs, genre méga tempête arrive sur nous, en guise de signal d’alerte la veille nous avons du fuir vers une zone un peu plus boisée, une averse de grêles nous rappelant de mauvais souvenirs. Au milieu de ce paysage d’eau sur cette route insubmersible, vulnérable à souhait, nous sursautons tous quand une alarme sur tous nos téléphones retentit. Un message d’alerte météo, indiquant une situation critique annonçant une violente tempête pouvant être dangereuse pour les vivants et le matériel. Le ton était donné. Des messages de nos copains voyageurs s’en suivirent, nous conseillant de fuir au plus vite.

Nous décidons de nous rendre à l’intérieur des terres, au Nord vers la ville d’ Arta
Une fois posés, pas loin du stade, dans un endroit que l’on pense sécuritaire, nos pensées se troublent et le site météorologique du gouvernement grec ne nous rassure pas, loin de là. Là, on se regarde tous.
Euh, pas une bonne idée de rester là, en plus sur une application météo, on vois apparaitre sur nos portables, une dépression énorme, avec des impacts de foudre partout et des vents violents approchant les 100km/h.
Il est 18h30, la nuit est tombée depuis 1 heure, mais tant pis, on ferme la bouteille de gaz, tout le monde reprend sa place, et on décide de rouler vers l’Est pour échapper à cette tempête.
Nous rentrons les futures coordonnées sur notre portable, et…ah oui, 3h30 de routent passant 2 pics montagneux à plus de 1000 mètres.
Allez, on tourne la clé de contact, le moteur démarre dans un son rassurant, style, allez hop, c’est parti. Et effectivement…c’est parti.
Pour faire drôle, le chemin proposé par l’application était la plus rapide, selon lui, mais…pas en camping car, ça non.
Pluie, vents violents, routes tellement étroites qu’il est difficile de se croiser à deux,cailloux et petits rochers tombés sur la route avec cette pluie intense qui ravinait le terrain, sans compté la qualité de nos optiques, nous obligeant à conduire à l’aveugle, où à chaque épingle, c’est au petit bonheur la chance avec l’angoisse et l’adrénaline à son comble.
Le moment le plus stressant, c’est qu’en bas d’une descente, il fallait passer sur un ancien pont en …bois. Mais la nuit et avec cette tempête à nos trousses, pas question de faire demi tour. La rivière que l’on devait traverser, était grossie par les intempéries ce qui ne rassurait pas non plus.
Dans l’habitacle, plus un bruit. Nous nous engageâmes prudemment en première sur les conseils de Julien reconnaissant le style d’édifice. Le craquement du bois sous le véhicule raisonnait et nous entreprîmes la traversée du pont, retenant notre respiration.Seuls quelques petits cris étouffés des filles déchiraient cet instant, digne d’un film d’horreur, malgré les explications rassurantes de Julien tant qu’à la solidité du pont. La structure faisait penser à un vieux pont militaire, en croisillon métallique, et tablier en poutres de chêne transversales.
Bon, heureusement, il n’y avait personne de fou pour prendre son véhicule un soir pareil ! Si ce n’est les Exploristes !

Les kilomètres s’enchaînèrent, par moment, on se serait cru dans le film « Le salaire de la peur » tellement la route était étroite et mal entretenue, même a un endroit, le bitume avait disparu, ne laissant dans cette nuit de fin du monde, qu’une ligne tortueuse  en terre qui mène nulle par.
Enfin, au fur et à mesure que nous rapprochions de la région Est, tout devint plus civilisée, les routes et le temps.

Ce n’est que vers minuit, sur les hauteurs, garés près d’un van de voyageur, au milieu de la campagne que nous pûmes enfin souffler et profiter d’une nuit de repos.

Le lendemain, en faisant quelques recherches sur la tempête, nous avons appris que quelques maisons s’étaient effondrées dans un éboulement dans la ville d’ Arta que nous venions de fuir.


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