Nous quittons le Monténégro, avec naïveté et la béatitude du nouveau voyageur inexpérimenté qui découvre un monde nouveau.

Comme à chaque pays, il faut changer ses habitudes, apprendre les coutumes et moeurs  du nouveau lieu, et bien il en va s’en dire que nous aurions aimé être plus préparés à ce qui allait nous arriver.

A peine sortis du poste frontière, nous plongeons dans un nouveau monde. Une enfant court vers nous au milieu de la route en demandant de l’argent , tandis qu’un vieil homme faisait la manche sur le bas côté dans un fauteuil roulant.

Nous continuons de rouler vers le District Shkoder afin d’ acheter une carte sim locale, nos forfaits excluant ce pays. Sur le chemin, nous trouvons notre bonheur et investissons dans 2 cartes à 17€ pièce pour 35giga, beaucoup moins cher que notre proposition d’extension de forfait orange !

Le voyage continue vers cette grande ville. Nous découvrons alors des villages différents, avec des maisons chapeautées de réservoir et panneau solaire assurant l’alimentation en eau chaude. La route est partagée par des deux roues anciens, des charrettes tirées par des chevaux portant des grelots et une multitudes de Mercedes .

Nous étions confiants et curieux, et surtout nous devions retirer des leks, car la carte bleue est peu utilisée dans ce pays, du moins dans sa partie nord.

Nous entrons dans cette grande ville, où les véhicules arrivent de partout. Nous trouvons une place derrière une file de voitures dans la rue principale, et je descend pour trouver une banque avec Sarah. La ville est en effervescence, les trottoirs sont occupés par des marchands qui s’en servent d’extensions de leur magasins déversant des légumes appétissants, les  boulangeries nous faisaient espérer un burek prometteur, le tout au son des muezzin du haut des minarets.  Nous arrivons devant une banque et manque de pot, transfert de fonds avec des convoyeurs lourdement armés. Nous sommes obligées d’attendre.

Les convoyeurs partis, nous pouvons enfin retirer un peu d’espèces , hélas sans succès la carte ne veut pas fonctionner, j’avais oublié le seuil de retrait par semaine !

Bredouilles, nous revenons vers notre maison mobile et croisons Anna afollée nous priant de nous dépêcher car la police avait interpellé papa.

Je prends le volant et effectivement une voiture de police arrive à ma hauteur. Ils me disent que je me suis trompée de chemin et me demande de les suivre. Julien est tendu comme tout. Je les suit jusqu’à une ruelle où il n’y a plus de circulation et là, ils me disent que j’ai commis une erreur, que mon véhicule n’avait pas le droit de rentrer en ville. Il me demandent les papiers du véhicule, permis… Je leur annonce que non mon véhicule n’est pas un poids lourds, mais un 3T5 comme indiqué sur la carte grise. Les deux jeunes hommes ne semblent pas à l’aise et louches tout en disant qu’ils ne font que leur travail… mais ne présentent aucune contravention prétextant qu’il faille revenir lundi au poste pour retrouver nos papiers et payer la contravention.Nous sommes un vendredi vers14h. Je leur propose d’aller de suite au poste, mais comme c’est en ville et que soit disant je n’ai pas le droit d’y aller je leur demande comment faire ! Et leur fait aussi remarquer qu’il y a des poids lourds ! Ils me répondent que soit disant ils auraient un laisser passer spécial. Puis que les secrétaires devant taper la contravention sont partis en week-end…Enfin tout un tas de bobards. Ils demanderont à Julien de venir dans leur voiture pour aller au poste. Mais pour récupérer nos papiers on avait bien compris que l’on devrait payer ses deux ripoux. Dans la panique, et l’incompréhension nous avons du payer.

Voilà comme se faire racketter par la police !

 Nous avons appris qu’il aurait mieux valu appeler l’ambassade , et qu’à ce moment ils nous auraient rendu nos papiers.

La leçon fut dure à encaisser et nous voulions vite quitter ce pays.

Le moral dans les chaussettes et le ventre vide, nous primes la route loin de cette ville de malheur, vers la plage. Anna avait trouvé un petit coin charmant face à la mer. La route pour y arriver fut les prémices de ce que nous allions rencontrer dans ce pays: animaux de la ferme monopolisant le bitume qui se transforment soudainement en piste. Peu importe, nous voulions un peu oublier nos déboires. Au fur et à mesure que nous approchions de notre destination, le vent se faisait de plus en plus fort. Nous nous engageâmes sur un chemin calcaire au milieu d’une sorte de marais, avec au loin ce petit resto face à la mer. Arrivés au deux tiers du chemin , une immense flaque nous barra la route, mais le plus spectaculaire c’est que les immenses vagues de la mer déchaînée l’alimentaient. Cela ne présageait rien de bon. Marche arrière toute, et sur une portion légèrement plus large je fis demi tour. Décidément, ce n’était pas notre journée ! Mais encore une fois, peu importe, nous primes au milieu du chemin un casse croûte, nous n’en pouvions plu !!

Nous primes connaissance de la météo, et effectivement une tempête allait frapper le pays. Nous primes la décision d’ aller se mettre à l’abri plus à l’est vers la montagne, tout en évitant la fameuse ville !

La nuit tombant, il fallu se résoudre à passer la nuit sur un parking en bordure de route de montagne avec  la circulation de nombreux camions. On n’a pas toujours le choix. La nuit  se passa tant bien que mal aux sons lointains des détonations de dynamites issues de la pêche côtières.

Bref, bienvenue en Albanie

Malheureusement, nous n’avons pas eu le coeur à prendre des photos de cette journée. Etonnant non ?

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