Après deux nuits passées au milieu de l’ancienne base militaire, nous voilà en route vers le poste frontière.

C’est une sensation étrange que je retrouve à chaque changement de pays, comme une remise à zéro. Les habitudes acquises s’envolent pour en apprendre de nouvelles. S’adapter, se repérer c’est à la fois éprouvant et enrichissant. Un perpétuel renouveau.

Nous voilà donc, moteur éteint devant la barrière de ce petit poste frontière. Pendant qu’un douanier s’affaire à scanner nos passeports et carte grise du véhicule, son collègue nous questionne à propos du camping car, dans un anglais excellent.

Il faut savoir qu’en juin, nous avons subi une violente tempête de grêle. Des grêlons d’environ cinq centimètres de diamètre ravageant tout sur leur passage se sont abattus  en une fraction de seconde. Notre commune, région en portent encore les stigmates. Les toits bâchés restent majoritaires et il faudra beaucoup de temps pour reconstruire, l’hiver n’arrangeant rien à l’affaire.

Concernant notre Challenger, on peut dire qu’il n’a pas été épargné. Tout un côté est comme mâché, martelé de centaines d’impacts, lui donnant un air de balle de golf. Nous étions assurés (tous risques ), mais la réfection de la carrosserie fut trop couteuse et le remboursement n’en couvrant pas l’intégralité, nous avons choisi de le garder tel quel, comme nous n’envisageons pas de le vendre, ce n’est pas un problème. Nous avons quand même pu remplacer les fenêtres et lanterneaux brisés, ainsi que les feux de gabarits. Le véhicule est parfaitement opérationnel, reste son esthétique, .provoquant le questionnement de beaucoup de personnes. Que vous est-il arrivé ? Tempête? Coup de feu ?  Parfois, certains sont excessifs, mais c’est toujours un moyen de communiquer.

Suite à cette conversation sympathique, nous partons découvrir ce pays assez méconnu. Des villages en bordure des bouches du Kotor entourées de montagnes:  les fameux fjords méditerranéens.

Passé l’ébahissement d’un tel spectacle, la réalité de la vie en camping car se rappelle à nous. Ayant passé deux jours dans un lieu sauvage  nos cuves d’eau sont bientôt vides. La recherche d’un robinet ne se fait pas attendre. Aidés de la fameuse application park’4night, nous recherchons ce qui est si banal dans une maison.

Notre recherche nous emmène loin des lieux touristiques de la côte, les fontaines et robinets étant hors service. Nous nous retrouvons au centre du pays, dans une ville moyenne. Nous effectuons un ravitaillement au supermarché et partons trouver un spot pour la nuit près d’un barrage. Arrivés sur les lieux, une odeur acre de bistre nous accueille. Les lieux paraissent sans âme, quand un homme sort d’un bâtiment pour me prévenir qu’il n’y a pas de problème avec ses chiots version molosse. Rassurées, nous allons prendre quelques photos et juste en remontant dans le véhicule, une camionnette nous arrive dessus avec deux hommes patibulaires. L’un d’eux nous faisant comprendre que l’on ne pourra pas rester là . Pfff, ni une, ni deux nous quittons les lieux en quête d’un autre spot. 

Le stress et la fatigue se fait sentir. Nous tentons notre chance sur les hauteurs. Super, encore des routes étroites de montagne en fin de journée. La route est très belle mais peut être effrayante avec un gros véhicule, les croisements avec les autres véhicules sont difficiles et il ne faut pas être sujet au vertige.

Au bord d’un hameau garnis de petites boutiques, un homme trapu nous fait signe et dans un allemand approximatif nous demande de le prendre en stop. Bon la compréhension fut laborieuse. L’homme visiblement imbibé d’alcool prends place à l’arrière et nous le déposons 1km plus loin devant une boutique tenue par une femme. Etait-elle la sienne ? Cela restera un mystère.

Nous arrivons à destination, un parking en bas d’un monastère très connu : Ostrog.


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